Vastes Solitudes
Vendredi, 02 Décembre 2011 10:45
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Revue de presse
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Un roman de Franck Aria
112 pages; ISBN: 978-2-916236-15-5
Vastes Solitudes

«  Je pense sincèrement que le monde n’existe que dans l’exacte mesure où je peux le métamorphoser en mots. Pour connaître son véritable goût, je cuisine cette fricassée verbale sur une feuille chauffée à blanc, tout en l’épiçant de pensées savoureuses et piquantes dont le chant d’amour expulse celui des haines.  »

 

 

€14.00

 

 

 

L’amour comme salut. Sans rancœur ni aigreur. Sans aucun sentimentalisme. Le paradis, ici, maintenant, voilà ce que nous donne à lire Franck Aria dans une langue ciselée qui conjugue la poésie avec l’esprit.

Afin de sortir de l’impasse contemporaine, un homme et une femme se vident de la société pour ne jouir que du Temps. Ils vivent dans une petite maison en bordure de ville, à hauteur respectable des tribulations urbaines. La campagne et la forêt se hument toutes proches, les montagnes offrent leur horizon en dents de scie. Alvia l’Amazonienne est musicienne et brasse l’air de sa noblesse, tandis que lui se joue des mots et prend des notes. Il a refermé ses cahiers de désespoir le jour où il a réglé sa vie selon les joies qu’exprime encore le réel.

Tous deux s’aiment de nier la mort, mais l’amour ne les a pas rendu aveugles. Ils ressuscitent chaque jour et leur projet est le bonheur, ce mot d’après jouissance qui n’est su que lorsqu’il se vit.

 

 

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Alvia m’aide à être qui je suis et je crois l’aider à être ce qu’elle est. Du reste, la vraie rencontre est celle qui nous instruit de qui nous sommes. Depuis la nôtre, qui ne cesse de l’être, Alvia et moi vivons d’accords relatifs et inconciliables. Hormis l’essentiel – soit l’art, l’amour et la liberté –, rien ne lie mieux nos deux natures que la frontière nous séparant. Chacun est en définitive l’étranger de fond que l’autre désire connaître sans pour autant vouloir lui ressembler. Et comme chacun de nous se trouve sans jamais se chercher, nous allons librement à travers la vie selon les résonances d’un Temps par nous-mêmes inventé. D’autres voudraient nous imposer leur programme d’adultes sérieux, normaux, moraux, militants. Comme si nos vies pouvaient différer de leurs natures profondes. Comme si nos vies clandestines ne répondaient pas à une nécessité biologique.

Peut-être sommes-nous tous deux les voyageurs précoces d’une ère à venir, porteurs d’une bonne nouvelle que ce triste siècle ne veut ni entendre ni recevoir. Peut-être sommes-nous illicites à ne pas être martyrs des souffrances qu’il voudrait nous imposer. Peut-être sommes-nous tout simplement complices d’un crime commis sur nous-mêmes et dont on voudrait nous rendre coupables, alors qu’il est la preuve et la conséquence de notre innocence.

Oui, je l’avoue, je jouis du laboratoire de langue qu’est mon corps, ce don de naissance et de renaissance perpétuelle, ce fragile bric-à-brac d’organes doué de parole. Mon ailleurs est en lui, il est mon ailleurs. L’exil intérieur est devenu son monde car je le vide chaque jour de la société. Hygiène de l’esprit, éthique du corps. Il entre en lui pour s’entendre parler dans sa propre langue. Sinon il ne saisit pas bien la raison, cette commune conviction censée expliquer pourquoi il se tient, là, sur cette planète en perdition perdue au milieu d’un univers en expansion, lequel pourrait bien un jour revenir à son état initial d’avant le légendaire big bang. Mon corps est vaste et généreux, il offre hospitalité à ma constellation de solitudes qui gravitent autour du moi solaire sans jamais vraiment le rencontrer, ou si peu.

Ma solitude n’est jamais mélancolique, je ne la souffre pas. Je dirais même qu’elle me désire. Je suis seul pour elle, pour moi, pour rien. Les mots peuplent mon crâne quand se parlent mes solitudes. Mon corps s’allège, je ressuscite en oiseau pensant et ma joie imprégnée de leurs chants s’élève jusqu’au comble de la désinvolture. Une fois sur mon divin nuage, l’émerveillement soudain m’éblouit. Sa lame perce mon corps pour le révéler à sa propre existence, et je souris alors au bonheur d’être qui je suis.

Je pense sincèrement que le monde n’existe que dans l’exacte mesure où je peux le métamorphoser en mots. Pour connaître son véritable goût, je cuisine cette fricassée verbale sur une feuille chauffée à blanc, tout en l’épiçant de pensées savoureuses et piquantes dont le chant d’amour expulse celui des haines. Seuls m’interpellent ces instants éternels, qui ouvrent le temps sur le Temps et où je m’engouffre d’une ardeur enjouée chaque fois renouvelée. Ceux dont je me délecte avec gourmandise sont de nature à me faire sortir de l’hypnose dominante. Ces éclats de Temps se révèlent par leur densité, leurs qualités, leurs vérités – à l’instar de ceux vécus lors d’une vraie rencontre – et dont la particularité est justement d’atomiser la vulgarité du temps social, au point de se demander si ce dernier existe vraiment ou s’il ne s’agit pas, au mieux, d’un temps mort. Quant au temps qui passe, rien ne peut soutenir qu’il soit réellement du temps vécu.

 


 

Dehors, la blême cohorte des morts du labeur se confond désormais à celle des religieux du spectacle. La mort circule par l’intermédiaire des corps, du bureau au centre commercial, du centre commercial au bureau, en boucle, comme le sang contaminé dans les artères. Sauf que les artères sont périssables, tandis que les corps, eux, sont interchangeables pour que s’éternise la mort. La mort est influente, ses réseaux globalisés pénètrent l’intimité des foyers, ceux d’adeptes voraces et publivores. Elle ne demande qu’à s’exhiber, la mort, à étaler sa pétrification réjouie sur des milliards d’écrans, de journaux, elle doit rayonner au grand jour pour mieux duper. Usines de cadavres à la chaîne d’un côté, publivision généralisée et triomphante de l’autre, charniers autour, quotidiens, vite évacués, poubellisés, rentabilisés, provisionnés par les gestionnaires de la grande roue sociale nombrilaire et calculante. Pays lointains à genoux, nature ravagée partout, exploitation de la misère, esclavage consentant… la routine quoi...

 


 

Nous sommes tombés d’accord sur une stratégie à long terme, avons signé un pacte pour repousser l’ennemi, qui n’est rien de moins que l’enfer social. Puis nous improvisons des tactiques au jour le jour. L’état de siège étant permanent, celui de liesse doit l’être tout autant. Voici donc nos prescriptions de vie pour l’éternité : lectures libertines, musiques érotiques, peintures suggestives et, surtout, corps en liberté pour qu’aucun remord ne hante notre mort. Il faut résolument se tourner vers « le point où le monde est le plus vivant », écrit Dante, et se rassasier à son plaisir.

 


 

Seule la musique sacrée a les armes pour exprimer ce que je ressentais alors, là-bas, face à la mer. Le Kyrie de la Messe en si mineur de Bach par exemple, interprété de préférence par l’orchestre philharmonique de Berlin sous la direction de Herbert von Karajan, ou encore l’étourdissant Gratias agimus tibi. Et, en effet, je rendais grâce, seul sur mon rocher protecteur, tout palpitant du rythme de mon cœur, je rendais grâce à l’ampleur, à la majesté, à la splendeur de cette mécanique divine où tout est à sa place, sans fausse note. Oui, je rendais grâce à cette libre sensation de chaos ordonné, de force, d’énergie, de perfection aussi, et de beauté, de tranquillité, d’éternité, de vérité vraie, tandis qu’à mes pieds la joyeuse écume brassée de vagues antiques me donnait l’impression d’en savoir davantage sur l’immobilité sublime de ces mastodontes graniteux, si merveilleux qu’ils en devenaient effrayants. J’étais conscient d’être ce point dérisoire devenu merveille par la grâce de la pensée. Sans soucis, je conversais avec le vide au bord du vide, en invitant mes sens à me libérer de toute entrave. Je regardais la nature se révéler à moi, rien que pour moi, et goûtais d’un seul mouvement et le ciel, et la mer, et la terre. C’est sur ces rochers que j’ai tôt appris de mes plusieurs. J’y ai ressenti vibrer dans mes organes intimes l’éveil de cette vérité endormie, et j’ai su que de cette pluralité-là je pouvais, chaque jour, chaque minute, chaque seconde, vaincre l’ennui.

 


 

 

Publier des livres, c’est bien, mais ce n’est pas le tout : encore faut-il les faire connaître pour leur offrir la renommée qu’ils méritent. Cela passe non seulement par une communication aussi complète que possible auprès des médias, mais également par la participation à des manifestations telles que salons, festivals et séances de dédicaces.
Voici un aperçu de ce qui a été fait et dit au sujet de Vastes Solitudes.

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"C’est l'aventure de deux êtres qui s’aiment et qui se mettent en quelque sorte en dehors de la société. Ils se désintéressent des actualités, ne courent pas aux soldes, sortent peu. Ils vivent entre eux, sans trop se préoccuper de la société, la laissant de coté pour ce qu’elle est, à savoir un monde où l’argent est roi." Interview de Franck Aria par Camille Spühler, journaliste du site généralisteTink.ch [26 mars 2012]
Séances de dédicaces
29 septembre 2012 au Village Suisse du Livre - Espace Arvoisie, 23, rue de l'Eglise, St-Pierre-de-Clages, Suisse. Invitation dans le cadre des Samedis Littéraires, qui réunissent des écrivains romands confirmés et d'expériences diverses qui lisent des extraits de leurs oeuvres. Six à huit écrivains (es) se partagent le temps de lecture. La diversité des styles, des genres littéraires et de personnalités apportent une grande richesse à ces rencontres. L'entrée est libre. Une verrée est offerte par l'Association du Village du Livre en fin de lecture. Les auditeurs et les auteurs font connaissance et échangent librement dans une ambiance détendue et sympathique.

 

 

Commentaires   

 
+1 #1 Lil d-m-Y H:i
Un rendez-vous incontournable pour les amateurs de beauté vraie, de tendresse palpable, de douceur éternelle... Un bijou...
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