Vastes Solitudes - Extrait 4
Vendredi, 02 Décembre 2011 10:45
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Seule la musique sacrée a les armes pour exprimer ce que je ressentais alors, là-bas, face à la mer. Le Kyrie de la Messe en si mineur de Bach par exemple, interprété de préférence par l’orchestre philharmonique de Berlin sous la direction de Herbert von Karajan, ou encore l’étourdissant Gratias agimus tibi. Et, en effet, je rendais grâce, seul sur mon rocher protecteur, tout palpitant du rythme de mon cœur, je rendais grâce à l’ampleur, à la majesté, à la splendeur de cette mécanique divine où tout est à sa place, sans fausse note. Oui, je rendais grâce à cette libre sensation de chaos ordonné, de force, d’énergie, de perfection aussi, et de beauté, de tranquillité, d’éternité, de vérité vraie, tandis qu’à mes pieds la joyeuse écume brassée de vagues antiques me donnait l’impression d’en savoir davantage sur l’immobilité sublime de ces mastodontes graniteux, si merveilleux qu’ils en devenaient effrayants. J’étais conscient d’être ce point dérisoire devenu merveille par la grâce de la pensée. Sans soucis, je conversais avec le vide au bord du vide, en invitant mes sens à me libérer de toute entrave. Je regardais la nature se révéler à moi, rien que pour moi, et goûtais d’un seul mouvement et le ciel, et la mer, et la terre. C’est sur ces rochers que j’ai tôt appris de mes plusieurs. J’y ai ressenti vibrer dans mes organes intimes l’éveil de cette vérité endormie, et j’ai su que de cette pluralité-là je pouvais, chaque jour, chaque minute, chaque seconde, vaincre l’ennui.

 



 

Commentaires   

 
+1 #1 Lil d-m-Y H:i
Un rendez-vous incontournable pour les amateurs de beauté vraie, de tendresse palpable, de douceur éternelle... Un bijou...
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