| Un compagnon du devoir |
|
« Nous combattrons les multinationales de l’industrie chimique qui ne visent qu’à la constitution d’excédents gigantesques financés par le contribuable, tout en polluant irrémédiablement nos campagnes. Nous brûlerons les produits transgéniques, anéantirons les nurseries de bétail cloné, internerons les savants fous qui conduisent la terre à sa perte. Nous affronterons poitrail nu les lobbies des céréales, de la viande, du lait, du sucre, tous inféodés aux profits colossaux d’une minorité d’agriculteurs dont l’œil torve et la bedaine hurlent le mépris du consommateur. Nous dénoncerons ces faux gardiens des traditions qui se pavanent sur leurs hectares en offrant à la France la dramatique alternative d’une santé à deux vitesses : péril pour les déshérités, triomphe pour les nantis ! « Grâce à nos efforts conjugués, nous serons capables de leur faire barrage en ne mettant à contribution que nos propres ressources. C’est-à-dire en ne consommant que ce que nous aurons été capables de produire par nos propres moyens ! Le temps du lisier individuel est enfin revenu, et c’est bonne chose puisqu’il nous ouvre une ère de prospérité. Et je le dis avec une véhémence qui ne m’est pas coutumière car nos campagnes abritent des orgies d’anabolisants, et que les cours de ferme accueillent la nuit venue des tombereaux d’adjuvants occultes. Si nous n’y prenons garde, cette vache en folie, cette folie de la vache, submergeront notre beau pays d’une gigantesque crise d’épilepsie ! Aaaah ! Que sont nos terroirs devenus ? En vérité, je vous le dis, redorons ensemble le blason de la fosse septique : tous a vos pots ! »
|
