Super Brat Imprimer
Collection Blanche
Lundi, 09 Avril 2012 16:51

Un roman d'Éric Tchijakoff
248 pages; ISBN: 978-2-916236-16-2
Couverture de Super-Brat

« Le coup de bâton que cet avorton de six ans lui avait balancé, Vlad ne le digérait pas. Il aurait dû adopter une attitude conforme à ce que l’on attend d’un adulte responsable, en gros, passer à autre chose, dépasser sa colère et le ridicule qui s’y attachait. Mais rien de tout ça ne lui effleurait l’esprit dans l’instant, que dalle ! C’était juste un putain de merdeux quoi ! Il avait une furieuse envie de lui apprendre à vivre, à être poli, respectueux des adultes (rien qu’une fois), à ne pas hurler à tout bout champ des insanités pas de son âge, à ne pas s’essuyer les pieds sur les portes, à ne pas gribouiller sur les murs. S’il n’avait été tout nu, si Pipo s’était trouvé face à lui, il l’aurait rééduqué sur place…  »

€19.00

 

 

Super Brat, c’est un match de basket-ball qui court sur une décennie, du côté d’Annecy. Ce sont dix saisons de “un contre un” féroces, sans règles ni arbitre, qui vont échapper au contrôle de Vladimir Antonovitch, entraîneur de basket, ancienne gloire locale essoufflée dont la vie sociale, affective et familiale part en vrille, tandis qu’il glisse inexorablement sur la pente (savonnée) qui lorgne du côté de la vieillesse.

Au coup d’envoi, on retrouve sur un terrain de quartier Vlad face aux six ans du jeune Pipo. Leur relation se nourrit de la volonté de domination de l’un, face à l’aversion de plus en plus grande de l’autre, aversion à laquelle s’ajoutera peu à peu le mépris. Au fil des années qui s’égrainent, Vlad voit ses compétences remises en cause par son élève et son autorité bafouée, au point que celui qui devait être sa “création” finit par saper ses fondations, par révéler ses fêlures au grand jour.

De rencontres en ruptures, le “super morveux” et le coach vont s’entêter dans un combat larvé où les coups bas du premier sapent les espoirs de pygmalion du second.

Toujours présent en toile de fond, le basket-ball est le catalyseur qui offre à Éric Tchijakoff l’occasion de dépeindre avec ironie, mais aussi avec tendresse, la rencontre fortuite entre un adulte déboussolé et un garçonnet infernal. Loin des poncifs psycho et sociologiques, il en fait un récit vivant et captivant, émaillé d’humour, contre-pied du roman initiatique.

 

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Contrairement à Samir Achoub et son lot de mots d’absence à venir, les Morales étaient venus pour le match, tous derrière et lui tout devant qui flirtait avec la ligne de touche, poussant parfois sa paire d’Adidas flambant neuves à l’intérieur des lignes du terrain.

Dans un premier temps, Vlad n’avait pas remarqué leur présence parmi les spectateurs, concentré qu’il était sur le terrain, sur ses joueuses, sur les adversaires venues des environs d’Avignon. Il était resté entièrement focalisé sur son travail jusqu’au moment où Pipo avait traversé le terrain via le rond central. Le gamin avait dû slalomer entre l’arbitre et une grappe de joueuses en phase de repli défensif avant de rejoindre le bout du banc du BCLA. À partir de ce moment-là, il fut impossible à quiconque de l’ignorer. Et pendant que coach Vlad s’efforçait de remettre un semblant d’ordre dans le jeu, dans les têtes de ses joueuses, pendant qu’il s’escrimait au bord du terrain, qu’il agitait frénétiquement sa plaquette noircie de tactiques supposées gagnantes, Pipo insultait à pleins poumons un quatuor de remplaçantes… atterrées.

Le projet de mettre fin sur le champ à cette opération de sabotage avait traversé l’esprit de Vlad à plusieurs reprises. Mais flanquer une rouste à un gosse d’à peine sept ans devant son public n’aurait pu que nuire gravement à un avenir professionnel probablement déjà hypothéqué par la prestation du soir. L’avenir proche dirait si l’on venait d’assister au dernier match de Vladimir Antonovitch à Annecy et pour Annecy. L’idée était loin de lui être étrangère et, de toute manière, il y avait fort à parier que d’autres sauraient y penser pour lui.


Publier des livres, c’est bien, mais ce n’est pas le tout : encore faut-il les faire connaître pour leur offrir la renommée qu’ils méritent. Cela passe non seulement par une communication aussi complète que possible auprès des médias, mais également par la participation à des manifestations telles que salons, festivals et séances de dédicaces.
Voici un aperçu de ce qui a été fait et dit au sujet du Super Brat.

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