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Noces d'airain

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Présentation
Extrait 1
Extrait 2

Chapitre 10

    Nous avions pratiqué scientifiquement. La bonne période et la bonne température. Deux fois par jour pendant quatre jours. Afin d’optimiser les chances. Après tout, c’était une conséquence naturelle cet enfant. Le faire. L’éduquer. Le voir grandir. Lui trouver des airs de famille. L’aimer peut-être.
    J’avais annoncé autour de moi : « Ça y est, elle est enceinte ! » J’avais payé le coup au travail. Une nappe en papier déroulée sur une table. Les éternels gobelets en plastique transparent dans lesquels le champagne que j’avais apporté ressemblait à de l’urine dans un verre pour analyse. Ça se fêtait. Et dignement encore.
    La famille était rassurée. Rassurée comme s’il se fut agi d’une délivrance qui tardait à venir. D’une juste indemnité à tout un ramassis d’espoirs collés aux basques du couple. Attentes aussi sonores que les casseroles, dans les vieux films, attachées derrière la voiture qui emmène les jeunes mariés vers des lendemains chantants : just married and bientôt pleine. Comme si la famille encaissait les dividendes d’un bon placement.



 
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