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Esthétique (inavouée) de la béatitude

Béatitude : 1. Félicité éternelle que goûte l'homme jouissant de la vision de Dieu.
2. P. ext. a) Sérénité apportée à l'âme par la contemplation. c) Euphorie caractéristique de certains états pathologiques et pouvant résulter de l'usage des stupéfiants. d) Euphorie obtenue par la satisfaction des appétits naturels.

L'esthétique (inavouée) de la béatitude regroupe des œuvres que l'on pourrait dire apaisées, délivrées de la crainte primitive de l'homme d'être jouet d'un destin aveugle. L'auteur ici ne lutte plus, puisqu'il n'y a rien contre quoi lutter, et l'esprit a remplacé l'instinct : le cri s'articule, les gestes se font moins brusques : personnages et lecteurs s'adonnent inconsciemment à l'adoration d'un créateur qui, s'il ne fait pas toujours preuve de bonté, du moins compatit au sort de sa créature, derrière laquelle il se cache. Mais que l'on ne se laisse pas tromper par cette double béatitude : tout n'est pas rose au royaume de l'EIB… Parfois les réponses sont douloureuses, le calme moins enviable que l'agitation, et derrière l'euphorie peuvent couver les sanglots.


Sur la route au bout de la nuit

Un roman d'Olivier Courtois NOUVEAU
352 pag­es; ISBN: 978-2-916236-10-0

€20.00

    « Comment vivent les hommes ?
    – Regardez-les par la fenêtre.
    – Où vont-ils ?
    – J'imagine qu'à cette heure, ils vont bosser ou faire des courses ; Dean, lui, je ne l'ai jamais vu partir au bureau ou au marché, et savez-vous pourquoi ? parce que les écrivains sont les seuls capables d'inventer des existences où on ne part pas travailler chaque matin.
    – Nos auteurs travaillent pourtant comme les autres pour écrire leurs bouquins.
   – Parce qu'ils n'osent pas vivre comme leurs personnages, mais ils les imaginent, ce qui n'est pas rien. Dans un monde où tous les hommes vont aux mêmes heures aux mêmes endroits, les écrivains montrent des existences qui ignorent nos contraintes les plus communes. Si vous observiez chaque jour le monde par cette fenêtre, vous verriez des centaines de chauffeurs de taxi, de quincailliers, de putes ou de pasteurs, mais vous ne verriez pas un seul Dean Moriarty. Les écrivains proposent d'innombrables vies au public, mais les hommes reproduisent sans cesse le même modèle qui les jette tous les matins dans la rue pour subir des journées prévisibles.
    – La littérature ne change pas la vie des gens.
    – Elle ouvre pourtant d'innombrables routes. »

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Charlémoi

Un roman de Christine Jeanney
16­0 pag­es; ISBN: 978-2-916236-06-3

16.00€ 

    « Ce monde autour est bien réel, il a des montagnes tangibles, une place dans un système solaire et une galaxie et moi, au point P, le Vous êtes ici cerclé de rouge sur les plans de villes, je suis presque deux fois plus important qu’une mouche ou qu’une poussière d’antenne de crevette, c’est-à-dire que dalle, et mettre la puissance de mon cerveau au service de mon nombril c’est comme si Dieu s’occupait seulement de sa coiffure et n’assurait pas le service après-vente. »

 
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La Rue de la soif

Un roman de Grégoire Damon
192 pages; ISBN: 978-2-916236-04-9

    

16.50€ 

    « Sauver qui ? Changer quoi ? Avec mes quinze jours de premiers métros, je me fabriquais des vertiges à la pensée de ceux qui en avaient vingt ou trente ans dans les pattes. […]
    La nuit se retirait comme un rideau de théâtre, crasseuse et déchirée. Les pauvres gars qui traînaient encore dans les escaliers du métro en oublièrent de me proposer leur came. La ville, du haut de son lit d’hôpital, s’appliquait à rebouger un membre. »

 
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