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Le Progrès, 20 juin 2007

Image    Le 20 juin 2007, l'édition de Saint-Étienne du Progrès consacrait une large place à la Rue de la soif et à son auteur, Grégoire Damon, à l'occasion de la séance de dédicaces qui s'est tenue à la Librairie de Paris le 23 juin. L'article, en deux parties, fait la part belle à une interview de Grégoire.

 
Un cocktail explosif

    Le premier roman de Grégoire Damon, La Rue de la soif, brasse, en moins de deux cents pages, des thèmes aussi divers que la crise identitaire, l'état de manque, ou encore les dangers de l'alcool.

Image    « Grégoire Damon renouvelle les codes traditionnels du roman noir, où le réalisme se dispute à la poésie pour nous envoûter », peut-on lire en quatrième de couverture de ce premier livre, écrit en deux ans par le jeune étudiant.
La rue de la soif raconte l'histoire d'une jeune fugueuse de 17 ans, Aube, qui quitte son internat catholique sur un coup de tête. Son point de chute, le quartier des pentes de la Croix-Rousse à Lyon, regorge alors de situations inédites pour ce personnage inexpérimenté et candide. Elle rencontrera Vic, « un pianiste mutique et manchot » et Stro, « charmeur, poète et provocateur ». Dans l'univers de la nuit, Aube assistera, au fil des pages, à la destruction, à la déchéance de ces deux personnages. « J'avais besoin de ce narrateur féminin », raconte Grégoire Damon, qui avait déjà imaginé le personnage de Vic le pianiste manchot à l'époque où il travaillait en boucherie, les étés, à La Talaudière. De l'aveu de l'auteur, le personnage de Aube, « qui ne veut pas retourner d'où il vient », lui ressemble. « Il s'agit d'une rédemptrice. Elle met fin à des situations bloquées. Cet oeil inexpérimenté était nécessaire pour que je m'éloigne de ce que je vivais à l'époque où j'écrivais. Dans l'ensemble, le livre décrit ces situations bloquées, dans lesquelles on s'englue jusqu'à devenir une mauvaise caricature de soi-même ».
Qualifié de roman noir d'initiation, La rue de la soif mêle également d'autres styles littéraires, comme la tragédie, la poésie, et même des chansons parodiques. L'univers du livre est très réaliste. Les rues de Lyon, la nuit, la débauche, les bagarres sont autant d'éléments tirés d'expériences personnelles de l'auteur. « La rue de la soif, ce pourrait être la rue Sainte-Catherine de Lyon. Mais il y a également du Saint-Étienne dans cet univers. C'est pour cela d'ailleurs que je regrette le choix de la ville de Lyon. Je pense qu'à l'avenir, les lieux où se dérouleront mes intrigues seront plus impersonnels. Ce qui est intéressant dans les lieux publics, c'est l'irruption, la disparition spontanée de personnages ».
Interrogé sur le titre de son oeuvre, Grégoire Damon est explicite : « La Rue de la soif, c'est évidemment en référence à ces rues qui regorgent de bistrots de nuits. Mais c'est aussi la soif de renouveau, l'état de manque, l'insatisfaction »
Reste à savoir si le public aura soif de découvrir cet univers, prenant et surprenant.

 

Soif d'identité

    Originaire de Saint-Étienne, Grégoire Damon vient de boucler sa quatrième année d'études de lettres à l'université Lyon II. A 22 ans, il livre son tout premier roman, La Rue de la soif, aux éditions arHsens. Il sera samedi à la Librairie de Paris pour une séance de dédicaces. Découverte.

Image    Le regard émerveillé, Grégoire Damon n'en revient toujours pas de voir trôner son ouvrage, La Rue de la soif, sur les rayons des librairies de la région. « Je m'amuse à entourer mon livre de ceux de mes auteurs préférés », plaisante le jeune auteur de 22 ans.
Né à l'hôpital nord de Saint-Étienne, Grégoire a grandi chez ses parents, à La Talaudière, avant de quitter le cocon familial l'année de ses 17 ans. Depuis, il a migré vers la grande voisine, Lyon, et en a découvert, au cours de ses années d'études de lettres, les moindres recoins. Mais de ses années foréziennes, Grégoire a gardé le germe de ce goût prononcé pour l'écriture, qu'il développera par la suite sur les bancs de l'université lyonnaise.
« J'écris depuis l'âge de 12 ans, confesse le jeune homme. Au départ, c'était surtout des chansons, des poèmes, des nouvelles. Je considérais que seule la poésie était un art majeur ». Puis en classe de quatrième, au collège Pierre-et-Marie-Curie de La Talaudière, c'est la révélation. « En fin d'année, je me souviens que nous avions eu un atelier d'écriture animé par Jean-Noël Blanc, un grand auteur stéphanois. C'est comme cela que j'ai écrit ma première nouvelle. »

James Joyce, Desproges, Noir désir
    Grégoire attrape alors le virus de la littérature. Aujourd'hui, ses références sont James Joyce, auteur irlandais de Dublin (« que j'ai découvert au lycée ») ou encore Blaise Cendrars, dont Grégoire avoue que « c'est sur lui » qu'il prépare son mémoire de fin d'études. Inconditionnel de Pierre Desproges, « le plus grand », Grégoire Damon n'en reste pas moins influencé par la musique, sa vraie deuxième passion. Guitariste, il voue un culte aux grands groupes classiques de rock anglo-saxons, des Stones aux Doors, en passant par les Who et Led Zeppelin. Sans oublier les « Français » Noir Désir, Brel ou Ferré, où il est une fois de plus question de poésie « La musique et la littérature sont très liées pour moi. La chanson, c'est de la poésie orale. »
D'ailleurs, Grégoire ne manque pas de rappeler qu'il tient aussi sa passion pour l'écriture romanesque de celle musicale. « Quand j'étais encore à Saint-Étienne, je jouais avec un groupe, Maldoror. Avec le batteur, Gouz, nous nous livrions une sorte de compétition pour écrire. C'est vraiment de là qu'est venue ma passion, qu'elle s'est dessinée. »

Stéphanois à Lyon
    Aujourd'hui Lyonnais, Grégoire reconnaît conserver une véritable admiration pour sa ville, Saint-Étienne. « Quand je suis arrivé à Lyon, il m'arrivait quelquefois de reprendre l'accent stéphanois, au début. Le fait de vivre à l'étranger, à Lyon, m'a permis de me rapprocher de Saint-Étienne. Mais c'est une ville très paradoxale. Il y a à Sainté une vraie culture, une vraie identité, l'une des plus fortes de France à mon sens. Mais d'un côté, elle détruit l'ambition, elle ne permet pas d'avancer. » Une véritable relation d'amour-haine : « C'est le syndrome d'attraction-répulsion. Saint-Étienne est une vraie grande source d'inspiration, même si le fait de couper le cordon était nécessaire à mon sens. »

Samedi, Grégoire Damon sera donc « chez lui », du côté de la Librairie de Paris, pour une séance de dédicaces.
Rendez-vous donc à partir de 15 heures, pour découvrir cet attachant jeune homme.
Grégoire Damon dédicacera son premier roman, La Rue de la soif (arHsens édiTions), samedi de 15 heures à 18 heures à la Librairie de Paris, 6-8 rue Michel-Rondet.

 

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