| La Rue de la soif |
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Je vous connais, tous et toutes, par cœur ! Je vous sais, je vous pèse, je vous renifle depuis bien dix-huit mille ans, c’est dire ! Je vous méprise – vous ne valez même pas une angoisse. Vous n’êtes rien – puisque je me vide –, même plus des points noirs de mon imagination ; sortez de cette fange, elle vous fait plus blancs que vous n’êtes. Depuis qu’une raclure de sous-divinité ivrogne a eu la faiblesse de vous rêver, vous me polluez l’inconscient, avec vos chansons, avec vos hanches qui bégayent, avec ces grimaces figées sur vos gueules ! Et si je me réduis à moins que rien, dites ? On vous l’a faite ? Si je me fiche une paire de clous dans la gorge, pariez que je vous verrai doucement crever comme des baudruches ! Je vous aplatirai comme de la vermine – et si vous espérez encore en des cieux je m’agripperai à vos chevilles rien que pour voir la peur vous encacaouter le derrière – je vous verrai exploser avec la balle qui me détruira le cerveau. |
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