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La Factory, 28 mai 2007

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    Malgré les assertions rocambolesques de son auteur, le sieur Francis Rozange, nous reproduisons ici l'intégralité de sa chronique à propos de La Rue de la soif. Son grave complexe de persécution ne brouille heureusement pas son jugement littéraire…


 

    ArHsens, avec sa petite année d'existence, est une toute une jeune* maison d'édition qui ne fera sans doute pas de vieux os s'ils continuent à agresser les journalistes en leur "expliquant" ce qu'est un roman noir ou comment mettre une image en ligne. ce  premier roman de Grégoire Damon -retenez bien ce nom- est une œuvre émouvante et poétique dans le milieu interlope Lyonnais.

    La rue de la soif deviendra à coup sur un classique, peut-être parce qu'il il fait écho à cette cour des miracles chère aux auteurs du 19e siècle. Aube, jeune orpheline échappée d'un pensionnat, c'est un peu la Cosette des Misérables : elle est recueillie par le cabotin « Bertrand Yohann Aloysius Stroheim aux faux airs de grand seigneur et son meilleur ami, Victor, un manchot génie du piano qui joue les yeux bandés pour épater la galerie et gagner un peu d'argent. 18 ans marquera symboliquement son passage à l'âge adulte, tentant alors de sauver ses amis d'un parrain local. Avec Aube -Grégoire Damon se glisse dans la peau de la narratrice- nous explorons cette cour des miracles où toutes les personnes sont des personnages.   Marinette, la mère de Victor, où Aube se remet d'une bronchite en dévorant les livres de son hôtesse. La belle Nelly, qui a fait beaucoup de route et aime un peu trop « les lignes blanches".  Nessun, le flic « infiltré » rongé par l'alcool qui s'est si bien intégré que tout le monde sait qu'il est flic... Et tout ce beau monde animé par l'auteur. Il ne s'agit pas, contrairement à ce qu'affirme son éditeur, d'un roman « noir ». L'auteur prend bien trop de plaisir à écrire, à s'incarner en Aube et multiplier les trouvailles stylistiques. C'est fin et élégant comme ce  rond bleu qui « s'échappait alors de sa bouche, s'élargissant et se dissolvant lentement ». Non vraiment : trop poétique et trop gouailleur pour être qualifié de roman noir, même si tout ne finit pas bien... sauf pour le lecteur, ravi de découvrir un si joli premier roman. Et pour votre deuxième livre Grégoire un petit conseil : changez d'éditeur...

F. Rozange – lafactory.com

* Nous n'avons pas cru opportun de corriger les erreurs de l'auteur. Quant à savoir si La Rue de la soif présente ou non certaines caractéristiques d'un roman noir, nous laissons le lecteur juge.

 

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