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Complainte d'un choéphore

    Il ne devait pas être plus de quatre heures du matin lorsque les premières lueurs et une pluie légère me tirèrent de mes songes.

J’étais délicieusement seul.
Sur le lac, une brume malsaine glissait en minces filets laiteux. La lente procession vaporeuse semblait se diriger vers un îlot aux proportions étranges, chaotiques, comme pour masquer quelque sabbat.
En ces éphémères heures inhumaines, je repris malgré moi goût à la vie. Je me pris à envier le sort du naufragé, libéré des contraintes de la société, affranchi du devoir moral qu’il a envers le genre humain.

 

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