Charlémoi
Mardi, 04 Décembre 2007 11:44
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Un roman de Christine Jeanney
16­0 pag­es; ISBN: 978-2-916236-06-3
Couverture Charlémoi

« Ce monde autour est bien réel, il a des montagnes tangibles, une place dans un système solaire et une galaxie et moi, au point P, le Vous êtes ici cerclé de rouge sur les plans de villes, je suis presque deux fois plus important qu’une mouche ou qu’une poussière d’antenne de crevette, c’est-à-dire que dalle, et mettre la puissance de mon cerveau au service de mon nombril c’est comme si Dieu s’occupait seulement de sa coiffure et n’assurait pas le service après-vente. »

€16.00

 

 

En proie à des questions auxquelles il ne trouve pas de réponses, Édouard Prince, 35 ans, écrivain pour jeune public, s’isole dans les Vosges pour faire l’état des lieux de sa vie. Frustré de n’avoir jamais su écrire un “vrai” livre, un livre « recyclable en citations », comme il dit, il se lance dans la rédaction de fragments de son passé pour se découvrir, se purger de son sentiment de ratage perpétuel.

Tissant la vie d’Édouard comme on reconstruit un puzzle, Christine Jeanney dépeint tout en finesse le portrait d’un être tour à tour révolté, apathique, déprimé, cynique et tendre, un original à l’imagination débordante, un héros dont le seul héroïsme consiste à ne pas se renier.

 

 

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J’ai repris l’histoire que j’avais commencée. Mais c’est plus pareil. Maintenant j’écris pour lui, pour Édouard dont je ne sais pas le nom de famille ; et puis j’écris pour moi, mon nom je le connais, c’est bien ça, pour moi, Édouard Prince.

J’avais commencé par un « Au pied du sommet toujours enneigé du Cotopaxi », à cause de mon côté ethnologue explorateur contrarié. Mais j’ai changé d’avis. Je vais lui raconter une histoire vraie. S’il est comme moi, petit Édouard, il doit être fatigué des souris et des chats humanisés, des chefs vieux et sages aux paroles d’airain ; non, une vraie histoire.
Je vais lui raconter la mienne. Au début j’aurai six ans et je ne serai jamais allé à l’école. Je lui dirai ma première récréation genre le choc ultime incident majeur dans la galaxie, et j’essaierai d’être drôle. Je lui ferai le portrait de ma famille. Il n’y aura pas beaucoup d’efforts à fournir pour caricaturer. Je risque même de m’amuser entre mon père lieutenant de cavalerie qui s’ignore et ma mère sourde et répétitive, montée en boucle, un circuit perpétuel, l’incarnation déchaînée de l’horloge à eau. Et puis il faudra arriver à l’accident. C’est pour ça que je dois être drôle avant parce qu’à un moment, je ne pourrai plus. Dans mon histoire vraie il y a une fin au milieu.

 


 

On a parlé longtemps et ça m’a fait du bien. J’ai dit des tas de choses que je ne pensais pas, mais ce n’était pas important puisque j’étais socialisé facilement et sans danger. Quand j’ai raccroché, l’espace d’une seconde j’ai vraiment cru à cet avenir que je lui avais décrit. J’étais libre de tout mettre en route, de remonter mes manches pour écrire mon Livre, d’aller voir Isabelle, de l’inviter à dîner, de ramasser héroïquement les crottes du chien, de faire du sport, de lire À la recherche temps perdu, de revoir tous les Woody Allen, oui, j’étais prêt à vivre, j’avais même oublié le gosse du supermarché…

Et puis tout m’est revenu. J’ai des choses à faire. Je suis dans ce chalet pour mon grand nettoyage de printemps : ma fatigue, c’est la crasse que je trimbale. Je l’ai laissée s’incruster et elle est trop lourde pour que je bouge seulement d’un pas, que je m’éloigne juste d’une rue. Je suis collé. Il me faut une bonne éponge, une qui gratte.

 


 

Mais fichtre. Est-ce que je ne serais pas en train de procéder à mon autopsie, non, mon autobiographie ? Pauvre de moi ! Microbe vain et ambitieux. Ça m’ennuie tellement chez les autres, je vais finir par m’ennuyer moi-même, et me trouver infréquentable.
En plus, et c’est là le point important, qu’est-ce que j’ai fait pour m’autoriser et me gargariser de cet auto-honneur, hein ? J’ai peint Mona Lisa ? J’ai dessiné les plans de la Tour Eiffel, c’est-à-dire les plans de la Tour Prince ? J’ai inventé le communisme ou le marxisme, qui devient automatiquement le princisme ? Un peu d’humilité, zut, l’autobiographie ne passera pas par moi. Je prends les choses en main. Je refuse, je m’échappe, j’objecte, un verbe qui ressemble à abject mais en tout bien considéré.
J’écris mon auto-purge, ce qui me passe par la tête ; comme un four, je m’autonettoie. J’écris parce que c’est mon moteur qui tourne, si je n’écris pas je suis en manque ; j’écris tout en même temps : des contes pour enfants, le récit pour Édouard et mes divagations pour moi. Chaque jour je papillonne de l’un à l’autre, modifiant ma trajectoire en fonction de l’exercice.

 


 

Ça doit être casse-pieds la vie d’un canard. Celle de quatre canards c’est encore pire. Je les ai bien vus : et que je nage à gauche, au milieu, et que je lisse mes plumes, et que je donne des coups de bec sans raison, psychopathes à plumes. J’ai bien senti que mon étang c’était pas Disneyland pour eux. Ils ont dû partir dans la nuit. Moi qui déteste le camping, l’inconfort, les odeurs rances et les coussins rêches, je me suis endormi dehors sur le banc. C’est un ploc qui m’a réveillé, je ne sais même pas un ploc de quoi. Pavlov n’a pas dressé l’ombre d’un poil d’oreille, il trouve tout normal ce chien. Je ne pense pas que dehors il me protégerait des prédateurs marins. Si un brochet géant jaillit de l’étang et m’attaque, j’aurai de quoi écrire une nouvelle histoire. Je l’appellerai L’Attaque du brochet géant, forcément, et j’ajouterai un supplément éducatif, genre que c’est aquatique cette bête-là, pas marin.

 


Publier des livres, c’est bien, mais ce n’est pas le tout : encore faut-il les faire connaître pour leur offrir la renommée qu’ils méritent. Cela passe non seulement par une communication aussi complète que possible auprès des médias, mais également par la participation à des manifestations telles que salons, festivals et séances de dédicaces.
Voici un aperçu de ce qui a été fait et dit au sujet de Charlémoi.

Pour voir les articles dans leur intégralité, cliquez sur le logo.
Édition Haute-Saône [28 janvier 2008]
« Pour bien apprécier ce livre, hymne à l'homme, à ses doutes et à ses insuffisances, pour se délecter d'un humour décalé mais savamment distillé, il faut prendre le temps de le déguster. Comme une offrande faite à un lecteur avide de parcourir une œuvre sortant de l'ordinaire. Et si "le style, c'est l'homme", alors sans hésiter, la déduction coule de source : Christine Jeanney, quelle femme ! » [16 février 2008]
« Belle lecture salutaire à laquelle nous invite Christine Jeanney qui a la plume inventive et une façon particulièrement délicate de cheminer avec et à travers ses personnages. Au fil des pages, de trouvailles langagières en propos subtils sur le sens de la vie, l’auteur nous accroche et ne nous lâche plus. On rit, on glousse de plaisir, on s’émeut, on s’émerveille. On se dit : "celle-là, j’aurais aimé la trouver !" et on déteste un bref instant l’auteur de nous avoir devancé. Oui, madame Jeanney est insupportable de talent, il faut que ça se sache ! » [24 août 2008]
« Un récit de retour à la vie tendre et plein d'humour. […] Camper un écrivain en quête de reconnaissance est toujours une gageure, plus encore pour un premier roman. Christine Jeanney relève le défit en superposant au récit du narrateur la voix des générations précédentes. » [Catalogue n°12 (février 2009) du Centre régional du livre de Franche-Comté]
« En temps normal, je ne suis pas friande des récits à plusieurs voix, mais la normalité, hein, ce que j'en fais ! Je viens de terminer Charlémoi de Christine Jeanney, et d'emblée, une voix m'a séduite, celle d'Edouard Prince, auteur de livre pour enfants, qui se replie dans les Vosges avec son chien Pavlov, histoire de faire le point. Cet homme un peu triste, qui a gardé son âme d'enfant, on le devine blessé. Son phrasé très particulier m'a réconciliée avec les récits à plusieurs voix. Je me suis dit "en fait, ça devrait bien se passer". Oui car c'est beau... beau comme un trésor... » [Blog Clopin-clopant, 15 septembre 2008]
Séances de dédicaces 13 mai 2008, 14h, à la bibliothèque de Lure (70200), place de la libération.
22 mai 2008, 20h, à la bibliothèque, place de la Baille, 70300 Luxeuil-les-Bains.
 

Commentaires   

 
0 #3 Lil d-m-Y H:i
L'évanescence d'une caresse, où le Verbe sait se passer de filet à papillons. Une écriture libre, livrée libre. Un monde d'aquarelle où se lover. J'aime.
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0 #2 madamedekeravel d-m-Y H:i
Le père Noël m'a entendue et me l'a offert, et moi j'ai passé de bonnes vacances à le déguster ! Merci !
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0 #1 madamedekeravel d-m-Y H:i
Mon Dieu ! C'est Kiki qui a fait un livre ! La Kiki de Posuto (non ce n'est pas un commentaire écrit en japonais). Il me faut ce livre ! J'en veux un ! Père Noël please ...
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