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Antoine Gallimard, président du SNE (chouette)

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    Nous voilà rassurés sur notre sort : la présidence du Syndicat National de l'Édition est revenue, le 24 juin dernier, à monsieur Antoine Gallimard, dont il est inutile de préciser qu'il est le PDG des éditions du même nom. Sur fond de champagne et de petits fours, l'élection s'est tenue à l'hôtel Lutétia de Paris, un bouge infâme du 6e arrondissement pour ceux qui ne fréquenteraient pas avec l'assiduité qu'il mérite le quartier.

    Quel soulagement de savoir que désormais les problèmes de la petite édition vont être analysés avec acuité, que l'indépendance va être chèrement défendue, que nos préoccupations les plus pressantes, notamment en termes de diffusion et de distribution, vont être rapidement prises en compte… 
    D'ailleurs, nous constatons avec plaisir que monsieur Gallimard, "patron des éditeurs", ainsi que le nomme liberation.fr, a d'emblée pris les choses en mains, en soulignant "que la question du contentieux Google est au cœur de nos préoccupations".

    Ha ça oui ! monsieur Gallimard, vous avez raison ! Qu'est-ce qui fait le plus trembler les petits éditeurs ? Le livre numérique et Google, of course !

    Mais nous faisons fausse route : il suffit d'écouter la suite de la déclaration de monsieur Gallimard pour comprendre qu'il ne s'adresse pas à nous, ces "petits" dont il se plaignait en 2007 qu'ils prennent trop de place dans les linéaires (…). "En parallèle à la procédure lancée par La Martinière avec le soutien du SNE et de la SGDL (Société des gens de lettres), Albin Michel, Gallimard et Flammarion déposeront à leur tour une plainte durant l'été."
    Tout est dit en quatre noms. Et involontairement l'article de l'express.fr sur la nomination du nouveau président du SNE, qui se voulait sans doute spirituel, témoigne du mépris porté aux "petits" par l'élite française des milieux littéraires : "Une bombinette à l'hôtel Lutétia, à Paris, sur les coups de 13 heures en ce jeudi 24 juin et, assurément, plus un livre n'était publié en France."
    Traduction : vous n'étiez pas au pince-fesses du Lutétia ce jeudi 24 juin ? Bah, vous n'êtes pas éditeur alors ?

    Quand on songe que Calibre, destinée à assurer la distribution des petits éditeurs (dont la nôtre, en passant), a pour actionnaires le SNE et le Syndicat de la Librairies Française, on se dit que les gros dysfonctionnements de cette structure ne sont pas près de se résorber… Car enfin : un distributeur qui ne distribue pas, quoi de plus pratique pour s'assurer que les tables des libraires ne seront pas surchargées de ce poids mort que sont les livres des petits éditeurs ?

commentaire(s)
Edifiant
Ecrit par Lasverne le 2010-10-10 09:08:03
Décidément, la petite édition en milieu ultra-libéral, c'est vraiment oeuvre romantique. 
Et pourtant, que ferions-nous, nous auteurs, sans les petits éditeurs ? Nous, l'immense majorité qui n'avons pas table ouverte chez Ruquier et autres Giesbert, ou un buzz à réveiller Assouline, et ne pouvons espérer un éditeur non pas plus talentueux qu'ArHsens ou Kyklos, mais un qui nous fait connaître par des moyens importants.  
Voilà pour la gamelle mal remplie. Il faudrait dire le contact, ce qu'on peut partager avec un petit éditeur. Mais ce serait dire pourquoi on aime les livres, pourquoi on écrit, pourquoi on est ce qu'on est.  
 

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